Chaque année, plus de 150 000 personnes en France sont victimes d'un accident vasculaire cérébral (AVC), entraînant des conséquences dramatiques : décès, handicap physique et cognitif à long terme. Une intervention rapide est donc essentielle pour limiter les séquelles. En France, environ 75% des personnes victimes d'AVC souffrent de séquelles permanentes. Saviez-vous que gagner du temps est primordial et peut faire la différence entre la vie et la mort, ou entre une récupération complète et une invalidité durable ?
Un accident vasculaire cérébral (AVC) se produit lorsqu’il y a une interruption de l’apport sanguin au cerveau. Ceci peut être dû à la formation d'un caillot sanguin obstruant une artère cérébrale (AVC ischémique - 80% des cas), ou à la rupture d'un vaisseau sanguin dans le cerveau (AVC hémorragique - 20% des cas). Identifier rapidement les signes précurseurs est donc vital pour une prise en charge efficace. Chaque minute compte dans le traitement d'un AVC ischémique.
Reconnaître les signes d'un AVC : le test VITE
Pour identifier rapidement les signes d'un AVC, mémorisez le test VITE. Ce test simple et efficace vous aidera à détecter les symptômes clés :
V - visage : asymétrie faciale
Demandez à la personne de sourire. Remarquez-vous une asymétrie du visage ? Une chute d'un côté de la bouche ? Un affaissement de la paupière ? Ces signes peuvent indiquer une faiblesse musculaire faciale unilatérale, caractéristique d'un AVC. Même une légère différence de mobilité entre les deux côtés du visage mérite une attention immédiate. Près de 70% des victimes d'AVC présentent une asymétrie faciale.
I - incapacité à parler : troubles du langage
Demandez à la personne de répéter une phrase simple, comme "Trente-trois trente-trois". Observe-t-elle des difficultés d'articulation ? Son langage est-il confus, incohérent, ou incompréhensible ? Elle éprouve-t-elle des difficultés à comprendre vos instructions ? Ces troubles du langage peuvent signaler un dysfonctionnement cérébral. Plus de 60% des victimes présentent des difficultés à parler suite à un AVC.
T - troubles de la vision : perte de vision unilatérale
La personne se plaint-elle de vision trouble, double, ou de perte de vision partielle ou totale, d'un seul œil ou d'une partie du champ visuel ? Ces troubles visuels soudains sont un signe d'alerte important. Ils peuvent survenir brutalement sans raison apparente. Ces troubles peuvent être liés à une atteinte du nerf optique.
E - extrémités : faiblesse ou engourdissement
Demandez à la personne de lever les deux bras. Observe-t-elle une faiblesse ou un engourdissement dans un bras ou une jambe ? Un bras tombe-t-il ? Une différence de force musculaire entre les deux côtés du corps est un signe crucial. Testez aussi ses jambes : ressent-elle une faiblesse ou un engourdissement ? Ces signes indiquent une atteinte motrice unilatérale.
- Environ 50% des victimes d'AVC présentent une faiblesse ou un engourdissement d'un côté du corps.
- L'apparition soudaine de ces symptômes est un indicateur clé.
Autres signes d'alerte : au-delà du test VITE
En plus du test VITE, d'autres symptômes peuvent signaler un AVC : maux de tête soudains et intenses (souvent décrits comme les pires maux de tête de leur vie), vertiges sévères et inhabituels, perte soudaine d'équilibre, confusion mentale importante et soudaine, somnolence excessive ou perte de connaissance, nausées et vomissements inattendus. L'association de plusieurs de ces symptômes doit vous alerter immédiatement.
- Des maux de tête intenses et soudains peuvent être caractéristiques d'un AVC hémorragique.
- La perte de conscience est plus fréquente lors d'un AVC hémorragique.
Il est important de souligner que l’intensité et la combinaison des symptômes peuvent varier selon le type et la localisation de l'AVC. Cependant, la rapidité de l'apparition des symptômes reste un facteur déterminant.
Différencier un AVC d'autres affections
Certaines affections peuvent présenter des symptômes similaires à ceux d'un AVC, tels que la migraine, l'hypoglycémie, ou la syncope. Il est crucial de faire la distinction. Une migraine se manifeste souvent par une aura visuelle, une douleur pulsatile et une sensibilité à la lumière et au son. L'hypoglycémie s'accompagne de symptômes comme des tremblements, des sueurs, une faim intense et une confusion mentale plus progressive. Une syncope, quant à elle, est un bref épisode de perte de connaissance.
La rapidité et la soudaineté de l’apparition des symptômes restent les critères majeurs pour différencier un AVC d'autres affections. En cas de doute, la prudence est de mise : n’hésitez pas à appeler le SAMU.
Conduite à tenir en cas de suspicion d'AVC
Face à la moindre suspicion d'AVC, appelez immédiatement le 15 (SAMU). Chaque seconde compte. Décrivez clairement les symptômes observés à l'opérateur, en utilisant le test VITE pour faciliter la description. Restez calme et rassurez la personne. N'administrez aucun médicament sans l'avis d'un professionnel de santé. Plus la prise en charge est rapide, plus les chances de récupération sont élevées. En effet, des traitements spécifiques (thrombolyse pour les AVC ischémiques) sont efficaces seulement s'ils sont administrés dans les premières heures suivant l'apparition des symptômes. L'objectif est de limiter les lésions cérébrales et les séquelles.
- Le délai optimal pour la thrombolyse est de 4h30 après le début des symptômes.
- Une prise en charge rapide peut réduire le risque de décès de 30% et le risque d’invalidité de 20%.
Prévention de l'AVC : un mode de vie sain
De nombreux facteurs augmentent le risque d’AVC. Certains sont modifiables, comme l’hypertension artérielle (l'un des principaux facteurs de risque), l'hypercholestérolémie, le diabète, le tabagisme, l'obésité, le manque d'activité physique, et une alimentation déséquilibrée. D'autres facteurs ne sont pas modifiables, tels que l'âge et les antécédents familiaux. Adopter un mode de vie sain est crucial pour réduire significativement ce risque. Une alimentation saine et équilibrée, riche en fruits, légumes et fibres, est essentielle. Il est conseillé d'adopter une activité physique régulière (au moins 30 minutes par jour) et de surveiller régulièrement sa tension artérielle et son taux de cholestérol.
L'arrêt du tabac, la gestion du stress, et la limitation de la consommation d'alcool sont aussi des mesures préventives importantes. La fibrilllation atriale, un trouble du rythme cardiaque, augmente également le risque d'AVC. Un suivi médical régulier est recommandé, notamment pour les personnes présentant des facteurs de risques.